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Présidence française de l’Union européenne : Michelle Alliot-Marie présente les priorités dans le domaine des affaires intérieures
Alors que la Présidence française du Conseil de l’Union européenne vient de commencer, Mme ALLIOT-MARIE a présenté, le 15 juillet, dernier devant les députés de la commission LIBE, les priorités dans le domaine des affaires intérieures.
Selon la Présidence française, le rejet du Traité de Lisbonne par les citoyens irlandais traduit le malaise de nos concitoyens concernant la construction européenne. L’Europe leur semble étrangère à leurs préoccupations quotidiennes. Ils ont le sentiment qu’elle se construit sans eux.
Or la sécurité constitue un domaine privilégié pour démontrer à nos concitoyens l’utilité de l’Europe parce la sécurité est la première de leurs préoccupations dans la vie quotidienne.
Mme ALLIOT-MARIE a ajouté qu’il fallait aussi prendre en compte la protection civile pour
répondre à leur attente.
Dans ces deux domaines, elle propose de mener des actions concrètes et visibles pour rétablir
la confiance.
La Présidence française est placée sous trois signes :
- Une ambition : réconcilier l’Europe avec les Européens
- Le pragmatisme : La Présidence proposera des mesures concrètes.
- Une posture modeste : la Présidence française s’inscrit dans une action à long terme et se
définit comme un maillon de la chaîne de la construction européenne
I Elle s’organisera autour de quatre grands axes :
1) Etablir une véritable culture de l’évaluation. Avant d’agir, il est nécessaire de bénéficier d’un retour d’expérience afin de déterminer ce qui fonctionne, ce qui ne donne pas de résultat et ce qui peut être amélioré.
2) Mettre en place le principe de convergence. Il vise à rapprocher les services opérationnels. Le principe de convergence pourra se traduire par l’échange de fonctionnaires de police au cours de leur formation. Le fonctionnement du Collège européen de police (CEPOL) pourrait être amélioré en s’ouvrant à plus de fonctionnaires de police.
3) Avancer par étape : la progressivité. Des expérimentations impliquant quelques Etats membres peuvent être mises sur pied. Si les résultats s’avèrent positifs, elles seront élargies à l’ensemble des Etats membres.
4) La dimension extérieure de la sécurité : il n’y a plus de frontières entre la sécurité intérieure et la sécurité extérieure de l’Union. En ce domaine, il convient de développer à la fois la prévention en contribuant aux progrès de l’Etat de droit dans certains pays tiers et le partenariat stratégique, notamment avec les Etats-Unis et la Russie.
La Présidence française portera une attention particulière à la coopération avec les Etats du Maghreb ou de la zone subsaharienne pour ce qui concerne la lutte contre le terrorisme. La lutte contre le crime organisé l’amènera à proposer des actions ciblées dans les pays des Balkans occidentaux.
II Ces grands axes se traduiront par un certain nombre de propositions concrètes dans la lutte contre le terrorisme, la criminalité organisée, la sécurité au quotidien et la protection civile.
Lutte contre le terrorisme :
- Le risque nucléaire, radiologique biologique ou chimique (NRBC) est à prendre au sérieux.
Les terroristes ont pour objectif de déstabiliser nos sociétés. L’utilisation d’une bombe chimique (bombe sale) dans un métro aurait un impact énorme sur les populations.
Afin de permettre aux services spécialisés de mieux travailler ensemble, la Présidence propose la création d’une base de données dédiée à ce type de menace.
En lien avec le renforcement de la capacité européenne de secours aux populations, un exercice sera organisé en France à l’automne avec le concours de plusieurs autres Etats membres pour tester la capacité d’un pays de l’Union à faire face à une attaque NRBC.
- Pour mieux lutter contre le phénomène de radicalisation et de recrutement, la Présidence annonce l’élaboration d’un manuel de bonnes pratiques.
Lutte contre la grande criminalité :
- La lutte contre la cybercriminalité sera également une des priorités de la Présidence française. Cette nouvelle forme de criminalité profite non seulement aux terroristes mais également à un certain nombre de délinquants, notamment ceux qui agissent dans le domaine de la pédopornographie.
C’est pourquoi, la création d’une plateforme européenne de signalement des contenus illicites avec le concours d’Europol est proposée. Dans un premier temps, cette plateforme pourrait privilégier la lutte contre la pédopornographie.
- Le trafic de drogues :
Grâce à la mise en place d’un Centre maritime de lutte contre le trafic de drogue à Lisbonne (MAOC-N), des résultats considérables ont été obtenus dans la zone de l’Atlantique. La conséquence en a été la modification des routes empruntées par les trafiquants. Pour réagir à ce phénomène, la création d’un Centre de coordination de lutte anti-drogue en Méditerranée occidentale (CECLAD-M) est proposée.
La sécurité au quotidien :
- La création de commissariats européens : ils sont expérimentés actuellement en France. Ils le seront également en Italie au mois d’août.
La présence de fonctionnaires de police d’autres Etats membres peut aider leurs concitoyens à effectuer des démarches dans les zones connaissant une forte concentration touristique ou théâtres de grands événements.
- La sécurisation des documents d’identité est un moyen de protéger l’identité de nos concitoyens. La captation d’identité est une véritable fragilité au sein de l’Union européenne. Par ailleurs, il convient d’assurer un haut niveau de protection des données à caractère personnel et à veiller au respect du principe de proportionnalité en matière de création de fichiers. L’organisation d’un colloque à Paris cet automne sur l’échange et la conservation des données sera l’occasion d’illustrer l’intérêt tout particulier que la Présidence porte à ces questions.
Enfin, Mme ALLIOT-MARIE a conclu son intervention en faisant part de sa conviction qu’il ne pouvait y avoir de libertés sans sécurité.
News Press 23/07/2008 12:47