Société
Sabotages SNCF: dix gardes à vue dans le milieu de l'”ultra-gauche”
AP | 11.11.2008 | 11:34
La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a annoncé mardi l'interpellation et le placement en garde à vue de dix personnes “appartenant à l'ultra-gauche, mouvance anarcho-autonome” dans le cadre de l'enquête sur les actes de sabotage commis contre des caténaires SNCF ces derniers jours.
“Depuis mon arrivée (place Beauvau, NDLR), j'avais souligné les risques de résurgence violente de l'extrême-gauche radicale”, a dit Mme Alliot-Marie au cours d'une conférence de presse. “J'avais demandé un renforcement de sa surveillance”.
Elle a précisé que les dix personnes interpellées l'avaient été en Corrèze, dans la Meuse, en région parisienne ainsi qu'à Rouen. “Aucun cheminot ne figure parmi les suspects”, a souligné la ministre. “Les perquisitions sont en cours”.
Mme Alliot-Marie a aussi précisé que des éléments de police technique et scientifique avaient été prélevés lors des constatations de la gendarmerie. Des liens auraient d'ores et déjà été établis entre les sabotages et certains suspects. “Ces sabotages n'ont pas été revendiqués”, a-t-elle précisé. “Ces gens ont voulu s'attaquer à la SNCF car c'est un symbole de l'Etat et ils savaient que leurs actes auraient un fort retentissement médiatique”.
Présent Place Beauvau lors du point de presse ministériel, Guillaume Pepy, président de la SNCF, a remercié Michèle Alliot-Marie et les services de police et de gendarmerie pour cette “enquête rapide qui a donné des résultats”. “Pour les voyageurs et les cheminots, c'est un soulagement”, a-t-il ajouté. “La bonne nouvelle est qu'il n'y ait pas de cheminots parmi les interpellés”. Le président de la SNCF a reconnu que le réseau ferré constituait “une cible particulière pour des gens qui ont envie d'empêcher notre société de fonctionner”.
Auparavant, Mme Alliot-Marie avait annoncé dans un communiqué que “cette opération réussie, conduite en plusieurs points du territoire, a été rendue possible grâce au travail de renseignement effectué depuis des mois sur cette mouvance par la Direction Centrale du Renseignement Intérieur (DCRI), et aux investigations conduites sur ce groupe par la Sous-Direction Anti-Terroriste (SDAT)”, autant de services à qui elle a adressé “ses plus vives félicitations”.
Nicolas Sarkozy a réagi à cette vague d'interpellations en se réjouissant “des progrès rapides et prometteurs obtenus dans le cadre de l'enquête sur les actes de sabotages commis contre de caténaires SNCF”. Dans un communiqué publié par l'Elysée, le chef de l'Etat a tenu “à saluer l'efficacité et la mobilisation des forces de police et de gendarmerie dans cette enquête, notamment la Direction Centrale du Renseignement Intérieur et la Sous Direction Anti-Terroriste sous l'autorité de Mme Michèle Alliot-Marie”.
Après les cinq actes de malveillance commis ces dernières semaines contre des caténaires du réseau ferré de la SNCF, les services antiterroristes de l'Etat avaient été chargés de l'enquête. Un nouvel acte de malveillance avait affecté dimanche un TGV circulant près de Narbonne (Aude).
Cinq faits de même nature sont survenus depuis le 26 octobre à Vigny (Moselle) où un fer à béton avait été posé sur la caténaire du TGV est. Le week-end dernier, quatre objets de même nature ont été disposés à des endroits similaires dans l'Oise, l'Yonne, la Seine-et-Marne entraînant des retards sur la ligne TGV Paris-Lille.
Les peines encourues pour ces actes de dégradations de bien public vont de trois à dix ans de prison ferme et jusqu'à 75.000 euros d'amende. AP